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Le complexe de l’influence en cinq articles (3) – Des Chinois aux normes

mardi 5 mars 2013
Par Benjamin PELLETIER

Luo Ping (1733-1798), Cerisier en fleur et son reflet

Cette série explore la thématique de l’influence, et notamment les freins et obstacles français au développement d’une culture de l’influence. En arrière-plan, il s’agit de se demander s’il n’y a pas un lien entre ces difficultés et les freins et obstacles français au développement d’une culture de l’interculturel.

1er article : Notes de cadrage – mise en évidence de certaines défaillances françaises dans le déploiement des stratégies d’influence.

2e article : Cas d’un échec français concernant le véhicule électrique – réflexions sur l’influence normative à partir d’un cas récent d’échec français face aux acteurs allemands du véhicule électrique.

3e article : Des Chinois aux normes – le présent article.

4e article : La colère de Renoir – il s’agit du cinéaste Jean Renoir, et de deux textes qu’il a écrits dans les années 30 où il s’indigne déjà des défaillances françaises en matière d’influence.

5e article : Esprit, culture, influence – ou comment la psychothérapie et l’ethnopsychiatrie se heurtent également au « complexe de l’influence » en France, et quels enseignements ces deux disciplines peuvent nous apporter quant à notre déficit de culture de l’interculturel.

Chaque article peut être lu indépendamment des autres.

* * *

L’influence, catégorie chinoise

« Cet homme, voyant avec peine que sa moisson ne grandissait pas, tira les tiges avec la main pour les allonger. De retour chez lui, ce nigaud dit aux personnes de sa maison : « Aujourd’hui je suis très fatigué ; j’ai aidé la moisson à grandir. » Ses fils coururent voir son travail. Les tiges étaient déjà desséchées. Dans le monde il est peu d’hommes qui ne travaillent pas à faire grandir la moisson par des moyens insensés. »

Dans cet extrait de l’ouvrage classique chinois de Mencius  (ici, pdf, en page 38), un homme cherche à accélérer la pousse de la moisson en tirant sur les jeunes tiges. En faisant ainsi, il obtient le contraire de ce qu’il souhaitait et sa récolte est anéantie. Il a voulu accélérer le processus, il n’a pas eu la patience de prendre soin des plants, de les faire grandir en binant, sarclant, arrosant, arrachant les mauvaises herbes, en suivant le rythme de la nature. François Jullien commente ainsi ce passage :

« En tirant sur les pousses, en visant par cette action directement l’effet, il a forcé l’effet et produit immanquablement du contre-effet. » (Les transformations silencieuses, p.185, Grasset)

Agir directement sur une situation pour forcer la venue de l’effet désiré mène à l’échec. Pour réussir, il faut comprendre intrinsèquement la situation et agir dessus indirectement sur le long terme en la transformant peu à peu à son avantage, et non pas en lui imposant avec violence un ordre ou un modèle extérieurs. Le texte de Mencius date d’il y a vingt-trois siècles et c’est déjà une formulation de l’action d’influence – laquelle implique:

« non pas de reconfigurer la situation sur un mode idéal, dont on fait un plan et qu’on pose en but, mais de faire mûrir les conditions rencontrées, celles-là même dans lesquelles on se trouve impliqué. » (Jullien, p.184)

Le paysan consciencieux prend garde au choix de la graine à planter en fonction de la terre, accompagne la poussée de la graine, prend soin de la jeune pousse, fait grandir le plant et récolte au moment opportun. Si l’on applique cette analogie à l’exemple de la norme européenne de la prise de charge des véhicules électriques, les Français ont perdu face aux Allemands :

  • par manque de cohésion avec le choix de deux graines différentes (Renault et Peugeot n’ont pas choisi la même technologie de charge, tandis que c’était le cas pour les constructeurs allemands),
  • d’où occupation de deux terrains différents (chacun des constructeurs va développer ses propres partenariats),
  • et approche du terrain commun bruxellois en ordre dispersé et avec des objectifs divergents,
  • ce qui a empêché la mise en place d’une réelle stratégie d’influence sur le long terme.

Dans le premier article de cette série, le général Vincent Desportes remarquait que « nous sommes des praticiens de l’art direct et avons beaucoup de mal à nous retrouver à agir dans l’indirect, le transverse ». Ce diagnostic concerne les opérations militaires mais il peut être transposé dans de nombreux domaines tant semble nous faire défaut la culture de l’influence. Le contraste est flagrant avec la Chine où la pensée chinoise s’identifie littéralement à la réflexion autour de l’action d’influence.

C’est ce qui ressort de la lecture de Chine trois fois muette (Allia) de l’excellent sinologue Jean-François Billeter. Il définit ainsi la stratégie en Chine :

« Dans l’idée chinoise, le but de la stratégie n’est pas d’anéantir l’ennemi ou de le mettre hors d’état d’agir, mais d’établir ou de maintenir sur lui un ascendant, de contrôler son activité, d’exercer sur lui une domination mouvante et si possible insensible, qui coûte le moindre effort et rende la violence inutile. » (p.117)

La stratégie d’influence est donc un art de la domination insensible et sans violence, le contraire même de l’imposition de sa volonté par intimidation, menace ou exercice de la force brute. Or, cet art est profondément ancré dans la matrice culturelle chinoise, à tel point qu’il en devient indissociable :

« Cette conception du stratégique s’est imposée comme une donnée pratique et, plus profondément, comme une catégorie de la pensée, voire comme la catégorie de la pensée, et l’est restée jusqu’à nos jours. » (p.117)

Influence et nature des choses

L’influence inquiète en France parce qu’elle est méconnue et immédiatement assimilée à de la manipulation. Plus profondément, l’influence nous semble déloyale : celui qui s’y livre ferait preuve de lâcheté, cherchant à éviter l’affrontement direct, fuyant le combat en duel, peureux face à la démonstration de force, honteux de sa propre faiblesse, agissant dans notre dos, dans l’ombre, en douce, à revers, en esprit malin, néfaste, hypocrite, menteur – autant d’expressions qui montrent notre aversion, voire notre dégoût envers l’action indirecte, discrète, impersonnelle.

En somme, l’action d’influence serait le contraire de l’héroïsme, de l’esprit chevaleresque, de l’action d’éclat et du coup de maître que son initiateur peut revendiquer pour en tirer gloire et reconnaissance. Et en effet, tel est bien le cas. L’influence s’inscrit dans un long processus où le discret et l’infime l’emportent sur le spectaculaire et le grandiose. Elle n’exprime aucune supériorité d’un homme héroïque sur l’ordre des choses, elle est diffuse et échappe à la revendication personnelle.

C’est que l’influence n’impose pas un ordre extérieur à la nature des choses, elle oriente la nature des choses en intégrant son fonctionnement intrinsèque. Au fond, plus une culture s’est arrachée à la nature, plus une société s’oriente vers la recherche de résultats rapides et d’effets immédiats, plus les hommes se valorisent eux-mêmes dans leur capacité à imposer au monde leurs plans, leurs modèles, leurs constructions intellectuelles – et moins ils ont d’affinité avec la notion d’influence.

Il y aurait là de quoi longuement développer sur ce que j’ai appelé le « complexe de l’influence » qui nous affecte en France. Le regard vers la Chine nous en apprend sur ce sujet autant sur la Chine que, par contraste, sur l’inculture française de l’influence. Quand on analyse le comportement des Chinois dans les organisations internationales, on constate en effet qu’ils suivent systématiquement un même schéma que nous avons bien du mal à mettre en place:

  • Profil bas – Lors de son arrivée dans les instances internationales, la Chine se définit en général comme membre « observateur » ou « apprenant » et cherche à conserver cette attitude le plus longtemps possible, ou tout du moins à maintenir le plus longtemps possible cette représentation d’elle-même.
  • Observation active – En fait, le profil bas est la revendication publique d’une attitude plus discrète d’observation active où les Chinois cherchent à comprendre et à intégrer le fonctionnement intrinsèque de l’institution ciblée.
  • Constitution de réseaux – La dimension « active » de l’observation ne concerne pas seulement la structure, mais aussi les acteurs au sein de cette structure que les Chinois approchent peu à peu, en travaillant sur la périphérie et non directement au centre, autrement dit en créant des liens avec des acteurs mineurs ou délaissés pour leur manque d’envergure.
  • Montée en puissance – En fait, la montée en puissance a commencé bien avant qu’elle ne se manifeste, par des actions indirectes et discrètes lors des phases d’observation et de constitution d’un réseau. Mais comme ces phases amont sont méconnues des acteurs majeurs, la montée en puissance de la Chine leur apparaît spectaculaire. Ils réalisent « soudainement » que la Chine est incontournable dans les instances de normalisation alors qu’en réalité il n’y a rien de soudain dans cet avènement.

La difficulté des acteurs occidentaux à identifier la stratégie d’influence de la Chine tient au fait que les différentes phases identifiées ci-dessus ne sont pas vraiment des moments successifs saisissables en tant que tels. Il s’agit plutôt d’un processus sans réel plan identifiable ni séquences distinctes. Chaque phase nouvelle est impliquée et déjà à l’œuvre dans la précédente, de telle sorte qu’il devient aussi difficile de l’identifier que de savoir où exactement commence le fruit par rapport à la fleur, la fleur par rapport au bourgeon.

Shitao (1642-1707), branche de pêcher, détail

Ce qu’exprime l’influence à la chinoise, c’est un respect profond de la nature des choses, et du rythme propre de la nature des choses. Pour dominer, il faut se conformer à l’ordre intrinsèque des choses en l’orientant peu à peu dans le sens de ses intérêts. Or, comme nous sommes plus attentifs au résultat et au spectaculaire (le fruit, le poids de la Chine dans les instances de normalisation) qu’au processus menant au résultat et qu’aux actions discrètes et indirectes (la lente maturation, la stratégie d’influence), nous développons une perception paranoïaque de la Chine (Pourquoi la Chine fait peur, titrait L’Expansion en novembre 2011).

L’influence chinoise sur les normes

Si l’influence structure la pensée en Chine, il doit être possible d’en constater les effets dans les instances internationales de normalisation où il convient de savoir convaincre et séduire les décideurs pour promouvoir une position conforme à ses intérêts et de démontrer à d’autres acteurs qu’ils trouveront un bénéfice à se rallier à cette position. Qu’elle soit technique ou intellectuelle, la norme choisie s’impose alors à tous, conditionnant à la fois des marchés et des représentations. Illustrons par quelques exemples le processus d’influence identifié précédemment.

  • Profil bas

La Chine monte en puissance au sein de l’ISO, organisation internationale pour la normalisation, où s’établissent les standards techniques valables dans le monde entier. Pendant des années, pourtant, les représentants chinois à l’ISO ont fait profil bas, jouant les observateurs et soignant leur image auprès des autres délégations. (Pékin à l’offensive pour imposer ses normes, L’Expansion, 12/12/12)

Le député européen Henri Weber, vice-président de la délégation Europe-Chine au Parlement européen, s’exprime au sujet de Song Zhe, ambassadeur de la République populaire de Chine auprès de l’Union européenne : « C’est un homme très influent, un pur diplomate au langage convenu, extrêmement discret et qui abhorre les coups d’éclat. » (A Bruxelles, Pékin avance masqué, L’Expansion, 23/11/11)

Mais, si le nouveau venu est bien un éléphant, il s’agit d’un spécimen tranquille : la délégation chinoise prend peu la parole au cours des réunions, reprenant le concept de tao guang yang hui (que l’on peut traduire par « cacher ses talents et attendre son heure ») développé par Deng Xiao Ping. (Mue chinoise dans les couloirs de l’OMC, Le Monde diplomatique, Manière de voir, n°122, avril-mai 2012)

  • Observation active

Dans un premier temps, ses membres [de la délégation chinoise à l’OMC) essaient de décrypter la parole des autres. Par exemple, lors de la réunion de Hongkong en 2005, les membres de la délégation hôte doivent expliquer tous les échanges à leurs homologues chinois. Mais la Chine se doit elle aussi de prendre la parole : l’un de ses représentants lit donc un texte préparé à l’avance par Pékin… mais s’aperçoit que son discours s’avère inaudible dans l’enceinte de l’institution. (Mue chinoise dans les couloirs de l’OMC, Le Monde diplomatique, Manière de voir, n°122, avril-mai 2012)

La Chine met un an à comprendre la position et les raisons cachées des opinions exprimées au cours des interventions des différents pays. Une année passe, et ils commencent à oser prendre la parole. Une autre année, et ils savent parler. (Mue chinoise dans les couloirs de l’OMC, Le Monde diplomatique, Manière de voir, n°122, avril-mai 2012)

  • Constitution de réseaux

Ils multiplient également les partenariats et les coopérations bilatérales avec d’autres pays : autant d’alliances qui peuvent se révéler utiles à un moment ou à un autre. (Pékin à l’offensive pour imposer ses normes, L’Expansion, 12/12/12)

« La discrétion de la Chine à Bruxelles n’est qu’une posture. La réalité, c’est qu’ils font travailler la plupart des cabinets de lobbying de la ville », assure Stéphane Desselas, président d’Athénora, une de ces officines. Une façon de ne jamais apparaître en première ligne. Et, pour défendre leurs intérêts quand une décision de la Commission pourrait compromettre leur pénétration du marché européen, ils ont une technique imparable : trouver un allié à l’intérieur même du système. (A Bruxelles, Pékin avance masqué, L’Expansion, 23/11/11)

En faisant miroiter des investissements colossaux en France, les industriels chinois ont trouvé dans une poignée de députés français d’excellents avocats qui se sont rendus à Bruxelles pour défendre la « filière cadmium »… au nom de la création d’emplois sur leurs territoires. (A Bruxelles, Pékin avance masqué, L’Expansion, 23/11/11)

Partie en cours de jeu de go, photo Pelletier

  • Montée en puissance

« Depuis 2004, les Chinois sont aussi partis à la conquête des secrétariats et des présidences des comités techniques », constate Alan Bryden. Des positions hautement stratégiques : « Cela donne un vrai avantage tactique, car vous pouvez influencer le déroulement des réunions, l’ordre et le calendrier suivant lesquels les sujets seront abordés », précise Olivier Peyrat. (Pékin à l’offensive pour imposer ses normes, L’Expansion, 12/12/12)

Depuis quelques années, on le constate au Conseil, les diplomates et les délégations chinoises sont beaucoup plus sophistiqués. Ils viennent en très grand nombre, ils sont jeunes, bien éduqués – probablement à l’étranger – et ils ont une bonne connaissance des dossiers. Leurs représentants sont cosmopolites et polis. Ils ont appris à parler le langage de l’ONU pour montrer qu’ils sont un acteur global. (Quand la Chine défie les normes internationales, Le Temps, 09/03/10)

Etat du processus d’influence

Il se trouvera évidemment des analystes pour constater que l’influence actuelle de la Chine en termes de normalisation internationale reste extrêmement modeste par rapport aux pays les plus développés. Ce serait exact si l’on s’en tenait à l’image figée de la situation actuelle sans l’intégrer dans le processus de montée en puissance de la Chine. Autrement dit, il est tout aussi absurde de relativiser sa situation actuelle que de percevoir la Chine sur le mode de l’intrusion soudaine.

Dans le rapport de Claude Revel remis le 31 janvier 2013 au ministre du Commerce extérieur : Développer une influence normative internationale stratégique pour la France (pdf), il est indiqué que la Chine est désormais un acteur de premier plan dans le domaine des normes :

«  L’exportation de normes chinoises est considérée comme un instrument de politique de commerce extérieur. Sur les 1 200 000 normes existant dans le monde, 200 000 sont en Chine. On peut soupçonner qu’un certain nombre sont aussi faites pour décourager l’étranger, mais le fait est là. Elle est première dans le monde en matière de certification. »

Au sein de l’ISO (Organisation Internationale de Normalisation) où elle n’est active que depuis 2004, la Chine préside une trentaine de comités et sous-comités (soit 6% du total). En décembre 2012, L’Expansion recensait des membres chinois actifs dans 82% des comités techniques de l’ISO, soit plus que la France (80 %), le Japon (79 %) ou les Etats-Unis (75%), ce qui donne le décompte suivant (pour plus de clarté, j’ai remis en forme le graphique de L’Expansion qui apparaît flou dans l’article) :

La Chine n’est pas seulement active sur le plan international mais aussi sur le plan national où elle multiplie les normes, certes dans l’espoir d’en imposer certaines à l’international, mais aussi pour constituer une sorte de Muraille de Chine normative. Olivier Peyrat, directeur général de l’AFNOR (Agence française de normalisation), indique dans Paristechreview qu’il y a en Chine plus de normes que dans n’importe quel autre pays du monde : « Au total, on en compte près de 150 000, soit sept fois plus qu’au niveau de l’Union européenne. »

Le 16 janvier 2013, l’USCC (US-China Economic and Security Review Comission – qui dépend du Congrès) a publié un rapport sur l’émergence de la Chine dans les standards de la technologie (pdf). On trouve dans ce document un tableau qui récapitule les efforts des Chinois pour développer leurs propres normes en matière de technologie, ce qui illustre tout à fait les propos d’Olivier Peyrat :

Objectif : domination

Si l’on considère que l’émergence de la Chine est encore très récente sur la scène internationale, nous ne sommes encore qu’au début d’un processus. Quand a-t-il commencé ? Nul ne peut donner de date exacte, ni même approximative. Ses commencements se perdent dans les méandres des causes indirectes remontant à l’ère post-Mao et aux années 80. Mais le processus s’accélère, comme la maturation du fruit une fois qu’il est formé.

Quand la Chine revendique la stratégie d’influence sur les normes de façon explicite, c’est que nous sommes passés à la phase de montée en puissance au grand jour. C’est le moment où elle peut montrer peu à peu son jeu car celui-ci est devenu irréversible. Le directeur de l’AFNOR souligne d’ailleurs la dimension politique de la normalisation :

« La normalisation est également considérée comme un instrument essentiel de politique industrielle, comme l’indique le 12e plan quinquennal chinois. Je n’ai pas connaissance qu’un autre pays au monde affiche aussi clairement cette priorité. »

La stratégie d’influence est désormais d’autant plus facilement revendiquée de façon décomplexée qu’elle correspond en fait profondément à la pensée chinoise, à la vision chinoise du monde et à la conception chinoise des rapports de force :

« Cette conception est naturelle en Chine puisque la stratégie n’y a pas pour objet premier les conflits entre puissances comparables, mais la domination d’un pouvoir unique sur une réalité multiple et instable. » (Jean-François Billeter, Chine trois fois muette, p.117)

* * *

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7 commentaires sur “Le complexe de l’influence en cinq articles (3) – Des Chinois aux normes”

  1. SCHAEFFER Daniel

    Mille bravos pour cette remarquable démonstration absolument époustouflante. Problème: combien de temps faudra-t-il compter avant que ce type de message parvienne à nombre de nos autistes ou de nos myopes qui négocient avec la Chine? Combien de temps faudra-t-il mettre pour comprendre que la volonté chinoise est une volonté de domination, justement par le biais de la culture comme vous l’exprimez si bien, et non pas par celui des armes sur un modèle de type américain? Quand fera-t-on l’effort d’apprendre la culture chinoise, non pas pour en devenir adepte mais pour la comprendre et savoir comment défendre ses intérêts face aux intérêts chinois lorsque ceux-ci compromettent les nôtres?
    Bien cordialement
    Daniel Schaeffer

    #2443
  2. Benjamin PELLETIER

    @Daniel – Merci pour votre message chaleureux. Ce qui m’étonne le plus dans la difficulté – et le retard – pour intégrer le mode de fonctionnement d’autres cultures, c’est que la plupart du temps l’information est là, sous nos yeux, en accès libre et ouvert. Il n’y a rien de secret, de dissimulé, de comploteur. Mais si nous ne voyons pas les évidences, c’est que tout simplement il manque les yeux pour les voir – autrement dit les catégories de pensée.

    Sur la question chinoise, il faut se garder de deux attitudes, l’une faite de paranoïa (sur le thème de « la Chine fait peur ») qui empêche de saisir des opportunités et de développer des synergies et affaires avec les Chinois, l’autre faite de naïveté (sur le thème de « les Chinois sont nos sauveurs »). Cette dernière attitude m’inquiète autant, sinon plus, que la première.

    Voyez par exemple le projet d’implantation de 2000 entreprises chinoises en Moselle

    #2444
  3. Frederic

    Personnellement tous ces sinologues Francais avec leur explication BHLienne me font sourire. Le mieux c’est d’apprendre le chinois et d’aller sur place voir les choses de ses propres yeux. Mais bon si vous etes interesse par l’avenir de la Chine continentale, vous devriez faire des recherche sur ce que les Taiwanais appelle 草莓世代. (Straberry generation).

    #3695
  4. Benjamin PELLETIER

    @Frédéric – Pour info, Jean-François Billeter n’est pas français, mais suisse. C’est certainement un des plus grands – et un des meilleurs – connaisseurs de la pensée philosophique classique chinoise. Je vous invite à faire un tour sur la page Wikipédia qui lui est consacrée et vous verrez qu’il ne peut pas être assimilé à un courant philosophique édulcoré « BHLien »…

    #3696
  5. Frederic

    拔苗助长 est un dicton! Ce genre d’analyse reviendait a demander a un occidentologue chinois d’expliquer le rapport de force de l’occident avec le reste du monde avec les fables de La Fontaine!

    #3883
  6. Benjamin PELLETIER

    @Frédéric – Il faudrait détailler un peu votre commentaire pour pouvoir y répondre – et traduire cette expression en chinois… qui reste du chinois pour moi…

    #3884
  7. Frederic

    拔苗助长 est un dicton.
    拔 se prononce ‘ba’ et signifie ‘tirer’,
    苗 se prononce ‘miao’ et correspond a une pousse de riz.
    助 se pronounce ‘zhu’ et veut dire aider.
    长 se pronounce ‘zhang’ et veut dire long.
    Donc拔苗助长 ba miao zhu zhang en traduction literale ca donne ‘tirer la pousse de riz pour l’aider a grandir’. Si vous utilisez ce genre de dicton pour donner un avis tout le monde va comprendre. Il exsite des 10ene de dictons en 4 characteres dans la langues chinoise. Les petits chinois etudient tous ses dictions a l’ecole comme les petits francais etudies les fables de la fontaine.

    #3946

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