Imprimer cet article Imprimer cet article

D’où vient le « rayonnement de la France »?

lundi 27 décembre 2010
Par Benjamin PELLETIER

Mise à jour du 27/12/2010: j’ai ajouté à la fin de cet article du mois d’octobre des éléments statistiques sur la fréquence d’utilisation du « rayonnement de la France » dans les publications françaises entre 1850 et 2000.

Une métaphore ambiguë

Qu’est-ce que le « rayonnement de la France » ? D’où vient cette expression couramment employée pour désigner l’influence culturelle de la France à l’international ? Depuis quand parle-t-on de « rayonnement » à propos de la France ? Qu’exprime cette expression au moment de son émergence ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Voilà une série de questions que je ne cesse de me poser à propos de cette expression devenue si courante qu’elle semble aussi ancienne que l’histoire de France, si banale que les régions, les départements et les villes l’ont adoptée pour revendiquer un « rayonnement » régional, départemental ou communal, si fréquente que des historiens la reprennent pour l’appliquer par exemple à l’abbaye de Cluny du XIIe siècle ou aux grandes capitales occidentales du XVIIIe au XXe siècle. Depuis Paris, et même en province, la France rayonne et éclaire le monde, c’est un fait acquis, une évidence de tout temps, une séduction de chaque instant.

Ainsi coupée de son origine historique, l’expression « rayonnement de la France » donne un contenu métaphorique à une notion qu’une certaine pudeur culturelle proprement française empêche de nommer clairement et distinctement : la notion d’influence. Parler de « rayonnement » permet de draper les questions stratégiques dans des habits de lumière qui éclairent et aveuglent tout à la fois. Eclairent, car la métaphore du rayon lumineux suggère que la grandeur d’une culture se suffit à elle-même pour séduire les autres peuples. Aveuglent, car en parlant ainsi, on n’a en fait rien dit de ce qu’est véritablement l’influence.

Je vous invite donc à suivre mes pas lors d’une petite enquête historique au terme de laquelle vous découvrirez que le « rayonnement de la France » n’est pas une expression aussi ancienne qu’on le pense généralement. A l’échelle de l’histoire de France, elle est même très récente. Elle est née à un moment très précis de notre histoire, entre les années 1880 et 1889.

Histoire d’un mot, généalogie d’une idée

Une langue n’est ni neutre, ni fixe. La consultation des dictionnaires historiques est à ce titre très significative. On réalise ainsi que derrière un mot se profile tout un contexte social et politique dont l’évolution entraîne des glissements dans le vocabulaire qui sont aussi des mutations des façons de voir et de penser. Voici les définitions du mot « rayonnement » dans les différentes éditions du Dictionnaire de l’Académie française :

  • 1694, 1ère édition du Dictionnaire de l’Académie française:

RAYONNEMENT. Action de rayonner. Rayonnement des astres. Il a peu d’usage. Rayonnement sign. aussi, Mouvement des esprits qui se répandent du cerveau dans toutes les autres parties du corps. Les obstructions dans les nerfs empeschent le rayonnement des esprits. Il ne se dit que dans le dogmatique.

Notons d’emblée que ce mot a alors peu d’usage. Il est utilisé en astronomie pour décrire les rayons lumineux des astres. Dans un sens physiologique, il s’inscrit dans les théories médicales de l’époque où l’esprit désignait le souffle vital par lequel on expliquait le mouvement du sang dans le corps.

  • 1762, 4e édition du Dictionnaire de l’Académie française :

RAYONNEMENT. Mouvement des esprits qui se répandent du cerveau dans toutes les autres parties du corps. Les obstructions dans les nerfs empêchent le rayonnement des esprits. Il ne se dit que dans le didactique. Action de rayonner. Le rayonnement des astres. Il a peu d’usage.

Pas d’évolution dans le sens de ce mot. Toujours un usage aussi peu répandu. Même si cette définition suit le règne du Roi-Soleil tout en étant contemporaine des Lumières, ces circonstances historiques n’ont pas donné lieu à une dimension politique de la notion de rayonnement.

  • 1798, 5e édition du Dictionnaire de l’Académie française :

RAYONNEMENT. Action de rayonner. Le rayonnement des astres. Il est peu usité.

Voici un sens encore plus succinct. Le mot semble perdre de son propre rayonnement. On peut constater la disparition du sens physiologique, la restriction à l’astronomie et un usage toujours aussi peu fréquent.

  • 1832, 6e édition du Dictionnaire de l’Académie française :

RAYONNEMENT. s. m. Action de rayonner. Le rayonnement des astres. Le rayonnement du feu, de la flamme, de la lumière. Le rayonnement du calorique. La transmission du calorique a lieu par rayonnement ou par contact.

Le mot redevient à la mode sous l’impulsion des avancées scientifiques, notamment de la physique thermodynamique. Plus d’un siècle après la mort de Louis XIV et presque vingt ans après la fin de l’empire napoléonien, le mot n’a toujours pas de sens politique et culturel.

  • 1878, 7e édition du Dictionnaire de l’Académie française :

RAYONNEMENT, [même définition qu’en 1832, d’où la consultation du verbe :] RAYONNER. Jeter, envoyer des rayons. Le soleil commençait à rayonner sur la cime des montagnes. Signifie quelquefois figurément, Faire sentir son action sur une certaine étendue. De ce point central, l’armée rayonnait sur les pays voisins.

Pour la première fois, le rayonnement est attribué à une action d’influence (Faire sentir son action dans une certaine étendue) dans un domaine autre que la physique (par exemple l’armée) mais qui reste dans le domaine physique (l’étendue spatiale, les pays voisins). Remarquons que cet usage métaphorique est encore rare (Signifie quelquefois figurément).

  • 1932, 8e édition du Dictionnaire de l’Académie française :

RAYONNEMENT. n. m. Action de rayonner. Le rayonnement du soleil. Le rayonnement des astres. Le rayonnement du feu, de la flamme, de la lumière. Fig., Le rayonnement de la joie, du bonheur. On dit aussi : Le rayonnement d’une doctrine, d’une civilisation, son expansion.

Nous y voici : désormais, on parle du rayonnement d’une civilisation dans le sens de son expansion. Sachant que la rédaction et la publication du Dictionnaire de l’Académie prennent de nombreuses années (la 9e édition a ainsi commencé en 1986 et, à ce jour, s’arrête au mot PRESIDE), ce nouveau sens de « rayonnement » n’est pas celui de 1932 mais de plusieurs années, voire une vingtaine d’années avant. Il prend donc acte d’une évolution intervenue au début du XXe siècle.

RAYONNEMENT. 4. Influence qui se propage à partir d’une source intellectuelle ou morale dont le prestige exerce une grande attraction et p. méton., cette source elle-même. Rayonnement d’une civilisation, d’une doctrine, d’une œuvre. Mais on ne saurait nier qu’à l’heure où tous les peuples dits civilisés sont à la veille de se jeter les uns sur les autres, la patrie soit un asile du droit et de la liberté. Il dépend de nous d’en faire (…) un rayonnement de fraternité solidaire (Clemenceau, Iniquité, 1899, p. 257). Tous, catholiques, protestants, etc., contribuent à ce rayonnement de la France que l’univers proclame (Barrès, Cahiers, t. 11, 1916, p. 202).

D’après les sources citées ci-dessus (Clémenceau, Barrès), le rayonnement appliqué à l’action de la France daterait du début du XXe siècle. Que s’est-il donc passé entre 1878 où ce sens est balbutiant et le début du XXe où il prend son essor ?

1880-1889 : une période cruciale

Cette période est en effet charnière car fondatrice d’une certaine idée de la France qui a façonné le discours politique et, par suite, l’image que les Français se font de leur culture et de sa place dans le monde. Cette courte séquence temporelle n’en a pas fini de produire ses effets tant la question du rayonnement de la France reste au centre des préoccupations des ministères des Affaires étrangères et de la Culture (sur le site de ce dernier, une requête avec « rayonnement » ramène 2512 résultats).

Mais le discours idéologique a été si puissant qu’il a agi comme un sécateur mémoriel et que nous ne sommes plus capables d’identifier son origine. Ainsi, vous pourriez être très étonnés d’apprendre que l’homme qui a eu une immense influence sur l’imaginaire collectif français reste pour la plupart d’entre nous un illustre inconnu : il s’agit d’Onésime Reclus (1837-1916), géographe et inventeur dans les années 1880 du terme de « francophonie » qu’il a utilisé le premier pour dénombrer les locuteurs de français dans le monde.

Parmi ses ouvrages figurent notamment Géographie de la France et de ses colonies (1873), France, Algérie et colonies (1886), Le Plus Beau Royaume sous le ciel (1899), À la France : sites et monuments (1900-1906), Lâchons l’Asie, prenons l’Afrique : Où renaître ? et comment durer ? (1904). Ce dernier ouvrage est en ligne sur Gallica. Onésime Reclus y développe une thèse alors en phase avec les positions politiques françaises : prenons l’Afrique où la France peut y rayonner pour connaître sa renaissance, rien ne sert de se casser les dents sur l’Asie. En voici un extrait :

« […] au monde à nous antipathique, au monde chinois, hors de notre vrai rayonnement, trop loin des bras maternels, au pôle attractif des ambitions contraires, là où d’autres, Russes, Anglais, Yankees, Japonais sont plus puissants que nous. Ce monde à nous étranger, cet éloignement, ces ennemis, la contiguïté avec les Chinois incoercibles […] A quoi bon se bercer d’une fausse espérance, heurter du front l’impossible, se casser la tête contre la muraille ? Pourquoi tant d’efforts, là justement où l’avenir, sinon même le présent, nous menacent de tant de désastres ? Le ciel de l’Extrême-Orient n’est pas un ciel serein. »

L’Afrique est la clé pour comprendre l’essor du « rayonnement de la France ». En effet, au moment même où naît l’idée de francophonie et où commence à se développer le discours de l’exaltation de la puissance française qui trouverait en Afrique le lieu idéal où s’exercer et rayonner, un événement majeur a lieu : la conférence de Berlin, du 15 novembre 1884 au 26 février 1885.

Cette conférence a lieu à l’initiative de Bismarck et réunit l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède-Norvège, mais aussi la Turquie et les Etats-Unis. Objectif : le partage de l’Afrique. L’Acte général de la conférence de Berlin est disponible ici.

L’Afrique est devenue un enjeu commercial et diplomatique de première importance. A l’occupation des côtes va succéder la conquête des terres et les puissances européennes sont en conflit en de multiples endroits. La conférence vise à déminer le terrain pour éviter les affrontements armés. L’Afrique est donc arbitrairement dépecée en territoires coloniaux dont les limites dessinent les frontières de nombreux Etats africains d’aujourd’hui.

Avec ce partage, on passe ainsi de l’occupation à la colonisation. Chaque Etat cherche à asseoir son autorité sur la zone qui lui est attribuée. La langue et la culture sont alors deux moyens stratégiques pour soumettre les populations à leur tutelle européenne. La France va se lancer dans un vaste déploiement de ses moyens d’influence, quitte à exercer la contrainte.

Parmi ces moyens figure l’Alliance française. Le 21 juillet 1883 est créée l’Association nationale pour la propagation de la langue française dans les colonies et à l’étranger, renommée « Alliance française » et reconnue d’utilité publique en 1886. C’est dans ce contexte bien précis (naissance de la « francophonie », partage de l’Afrique, création de l’Alliance française) que se développe la rhétorique du rayonnement de la France.

Or, ce rayonnement à l’extérieur ne serait rien sans l’appui de la population française. Celle-ci ne se sent pas vraiment concernée par ces lointaines et abstraites colonies. Il faut donc consolider l’action coloniale en mobilisant les Français pour obtenir leur appui et susciter des vocations pour participer à la mission civilisatrice de la France à l’étranger. Ce sera l’un des objectifs de l’Exposition universelle de Paris de 1889 dont l’une des attractions est un village « nègre » de 400 indigènes.

Suite à ce succès, la France organise des expositions exclusivement coloniales où se multiplient les villages « exotiques » et les présentations des peuples colonisés dans leur milieu « naturel » dans une scénographie qui tient de la représentation théâtrale et de l’exhibition zoologique: à Lyon en 1894, à Rochefort-sur-Mer en 1898, à Marseille en 1906, au Jardin tropical en 1907 (voir sur ce blog Le Jardin tropical de Paris : friche mémorielle de la France coloniale), à Marseille en 1922 et à Paris en 1931 (voir Autopsie d’un haut lieu de la mémoire coloniale).

Ainsi se façonne une image de l’Autre aussi négative que séduisante, marquée par l’exotisme (différence radicale), la sauvagerie (pas d’élévation culturelle) et la primitivité (pas de civilisation). Par contraste, la culture française apparaît comme un haut degré de perfectionnement et la France comme le phare rayonnant de la civilisation. Les foules sont enthousiastes (huit millions de visiteurs pour l’exposition coloniale de 1931): à une époque où les voyages lointains sont rares, c’est là le seul de moyen de rencontrer l’autre et ses coutumes étranges. Dès lors, nombreux seront les Français en partance pour les colonies investis d’une mission : civiliser ces peuples lointains, et habités par une conviction : le devoir de faire rayonner la France.

Analyse critique du « rayonnement de la France »

En mettant à jour la généalogie du « rayonnement de la France », il ne s’agit pas d’affirmer que la reprise très courante de cette expression dans le discours politique actuel constitue une répétition des circonstances historiques qui l’ont vu naître. La France de 2010 n’est pas la France de 1889. Mais, comme nous allons le voir, il est indéniable que la métaphore du rayonnement continue de produire ses effets sur notre façon de penser – ou de ne pas penser – les stratégies d’influence.

Par ailleurs, l’avènement de cette expression est suivi de près par les deux guerres mondiales et la période de la décolonisation. Par conséquent, le « rayonnement de la France » s’est très rapidement et paradoxalement heurté à une perte de puissance et d’influence de la France dans la première moitié du XXe siècle. Le rayonnement de la France a connu dans le discours une inflation inversement proportionnelle à sa réalité. Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, la France se vit dans une nostalgie déprimante et permanente d’un âge d’or qui est advenu au moment même où il commençait à disparaître. Autrement dit, il était aussi rhétorique qu’idéologique.

Mais l’expression a survécu, elle a même prospéré dans les discours récurrents sur la grandeur de la France. Bien des discours de De Gaulle et Malraux sont là pour nous le rappeler. Récemment, en mai 2010, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, a fait un discours sur « la priorité de renforcer le rayonnement culturel de la France ». Mais quels sont au juste les présupposés de cette métaphore du rayonnement ? Ils sont de trois ordres :

  1. la source du rayonnement est un centre qui irradie dans toutes les directions : centralisation et universalisme sont les fondamentaux du rayonnement,
  2. la distance entre l’émetteur et le récepteur est abolie par la puissance du rayonnement : le prestige de la culture française doit impressionner aussi puissamment que le rayon de lumière éclaire un objet,
  3. centralisme, universalisme et puissance ont aussi pour conséquence la passivité des messagers du rayonnement: les acteurs de la culture française sont soit des relais, soit des reflets du rayonnement qu’ils véhiculent et incarnent.

C’est ainsi que prédomine l’idée que la langue et la culture françaises se suffisent à elles-mêmes tant leur prestige et leur grandeur impliquent l’adhésion des autres peuples à l’évidence de leurs lumières. A quoi bon responsabiliser les acteurs du rayonnement si ceux-ci rayonnement eux-mêmes car, du fait même de leur fonction, il sont et se sentent habités par une part de ce rayonnement ?

Autrement dit, aussi belle et noble soit-elle, cette idée de rayonnement de la France nous empêche de développer une véritable rationalisation de notre action à l’international dans le cadre d’une concurrence féroce entre les cultures nationales pour séduire le plus grand nombre. Comment en effet penser concrètement le positionnement de la France dans le monde, de ses industries et productions culturelles, de l’enseignement du français, des artistes et créateurs français si ce positionnement est a priori considéré comme rayonnant? Comment s’adapter, évoluer, se réformer si, le regard fixé sur le rétroviseur de l’histoire, le supposé âge d’or reste le référent de l’action française à l’international?

A quand une approche professionnelle des actions culturelles des ambassades ? A quand une valorisation des réseaux relationnels et des expériences acquises ? A quand une réflexion sur les points forts et les points faibles de l’expertise française à l’international ? A quand des diplomates intégrant la complexité des enjeux économiques dans leurs vues géopolitiques ? A quand une approche de la francophonie dépouillée de ses relents paternalistes ? A quand une politique ambitieuse de visas pour les étudiants étrangers ? A quand un accueil décent pour ces derniers ? Un suivi de leur parcours une fois rentrés dans leur pays ?

La liste serait trop longue, mais il est regrettable de constater combien la rhétorique du rayonnement freine une véritable pensée de l’influence où l’action discrète, la stratégie indirecte et le long terme doivent primer sur le coup d’éclat, le passage en force et la courte vue.

Vivre en rentier de l’histoire ne dure que le temps de la rente. Mais vivre en rentier de l’âge d’or est une illusion.

ANNEXE: le « rayonnement de la France » selon le Google Ngrams Viewer

Google a récemment mis en ligne un formidable outil : le Google Ngrams Viewer. Il s’agit d’un moteur de recherche qui analyse tous les livres numérisés par Google entre 1800 et 2000, soit 4% des livres publiés durant cette période, ce qui représente tout de même 5 millions d’ouvrages.

Le Ngrams Viewer permet d’effectuer une recherche sur des mots ou expression de façon à déterminer leurs tendances d’utilisation et de récurrence. Disons que cet outil va donner des éléments statistiques bruts sans qu’on puisse les cibler par rapport à un contexte ni à un corpus bien définis. S’il faut donc prendre avec précaution le résultat obtenu, cet outil n’en reste pas moins fascinant à explorer.

Voyons ce que donne la tendance d’utilisation du « rayonnement de la France » entre 1850 et 2000 tout en ayant à l’esprit que « rayonnement » peut-être pris au sens d’influence politique et culturelle mais aussi au sens de rayonnement atomique (cliquez pour agrandir l’image):


4 séquences se dessinent clairement :

1) 1870-1907 : l’émergence

Comme indiqué dans les analyses précédentes, le terme de rayonnement acquiert officiellement en 1878 le sens d’influence et commence à être utilisé dans un sens métaphorique. La fin du XIXe siècle va accentuer ce sens pour être appliqué à un pays ou à la civilisation.

2) 1907-1952 : la montée en puissance

Une double montée en puissance, d’une part du fait des découvertes du rayonnement atomique, d’autre part du fait de l’idéologie de la mission civilisatrice de la France. On constate un trou d’air dans cette montée en puissance à la fin des années 20 au moment de la grande dépression économique. Les deux moments d’ascension correspondent également aux deux guerres mondiales, à une période de mobilisation des Français de métropole et des colonies.

3) 1952-1975 : le déclin

Le début des années 50 est marqué par la guerre d’Indochine qui s’achève en 1954 avec la sortie de l’empire colonial des pays qui composaient l’Indochine. Cette même année commence la guerre d’Algérie qui se poursuit jusqu’en 1962. Le processus de décolonisation est alors en marche. Les revendications africaines aboutissent en 1960 avec l’indépendance de quatorze Etats africains. Dans un tel contexte, la France ne rayonne plus, elle pâlit. Une nouvelle expression vient alors appuyer le « rayonnement de la France » : la francophonie, à la fois mouvement culturel et institution politique, qui a pour vocation de proposer un nouveau cadre relationnel aux anciennes colonies (cliquez pour agrandir l’image):


4) 1975-1995 : le rebond

Cette séquence est plus sujette à caution. Elle suit les chocs pétroliers et accompagne le renforcement du nucléaire en France. Ainsi, il est difficile de départager le « rayonnement de la France » au sens de l’industrie nucléaire de la France et au sens de l’influence politique et culturelle de la France.

Pour prolonger, je vous invite à consulter :

* * *

  • Vous avez un projet de formation pour vos expatriés, une demande de cours ou de conférence sur le management interculturel?
  • Vous souhaitez engager le dialogue sur vos retours d’expérience ou partager une lecture ou une ressource ?
  • Vous pouvez consulter mon profil, la page des formations et des cours et me contacter pour accompagner votre réflexion.

Quelques suggestions de lecture:

Tags: , , , , , ,

Laisser un commentaire

*



Newsletter

Comme plus de 1500 abonnés, recevez directement le dernier article publié!

Ce travail et ces partages ont votre soutien?

Pourquoi? Voyez ici!

Articles les plus consultés

Archives


Pour toute reproduction contactez l'auteur de ce site.
© 2009-2017 www.gestion-des-risques-interculturels.com