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Les facteurs culturels du crime organisé russophone

mardi 28 mai 2019
Par Benjamin PELLETIER

©FUEL/Arkady Bronnikov

Dans un cadre d’un cours en executive MBA MRSIC (Management des Risques, Sûreté Internationale et Cybersécurité) de l’École de Guerre Économique, où j’aborde les grilles de lecture culturelles des questions de sécurité, j’ai fait travailler les étudiants sur les enjeux culturels permettant de mieux comprendre la criminalité organisée d’origine étrangère.

Le point de départ de la construction des sujets m’a été fourni par un rapport du SIRASCO (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) exceptionnellement rendu public en 2014 (ici, pdf). Sa lecture permet de prendre conscience de l’ampleur des activités de la criminalité organisée opérant sur le territoire national.

Les forces de l’ordre ont ainsi affaire à des organisations complexes dont le traitement représente un défi majeur. La dimension culturelle fait partie des données contextuelles essentielles qui distinguent une structure mafieuse chinoise d’une autre qui serait roumaine, nord-africaine ou albanaise. L’un des groupes d’étudiants a eu à s’intéresser aux groupes criminels russophones, avec un focus sur les Géorgiens et Lituaniens. La question qui leur était posée était la suivante:

Quelles connaissances culturelles devraient posséder les forces de l’ordre françaises afin de mieux comprendre la criminalité organisée russophone originaire de Géorgie et Lituanie?

Pour aborder leur sujet, ils disposaient d’une liste de thème à traiter (suggestions non exhaustives): valeurs, mentalités, code d’honneur, manière de communiquer, langues, dialectes, structuration hiérarchique, modèle social, conception de la famille, parcours initiatiques, rituels, cérémonies, influence religieuse, croyances, superstitions, liens d’amitié, de solidarité, liens d’inimitié, rivalités tribales, ancestrales, place et rôle des hommes, des femmes, des anciens, territoires, pratiques criminelles, modes opératoires.

Outre les contraintes liées au temps limité et à la découverte d’un sujet inédit pour eux, ils devaient également impérativement conduire au moins trois entretiens permettant d’étayer et compléter les informations collectées lors de l’exploitation de sources écrites. Les comptes rendus d’entretien, ainsi que des extraits du rapport du SIRASCO, figurent en annexe de leur travail, et je vous invite à lire ces documents extrêmement intéressants.

Je remercie les étudiants (Jean-Michel Barbier, Laurence Bault, Vincent Cassard et Clément Chevignon) qui ont eu à traiter un sujet aussi difficile que délicat: ils proposent ainsi une exploration utile aux forces de l’ordre, exemplaire de ce que peut produire l’analyse culturelle et tout simplement enrichissante pour tout esprit curieux de la complexité de notre environnement. Merci également à l’encadrement de l’École de Guerre Économique d’avoir autorisé sa publication ici.

Vous pouvez le lire ci-dessous ou bien cliquer ici pour le télécharger (pdf, 3Mo).

Rapport-MRSIC-Criminalite-Russophone

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Vous pouvez également consulter d’autres travaux d’étudiants:

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